Complainte de tradition relevée dans le recueil Chants de soldats de 1915, aux pages 15 à 17. Complainte du guerrier revenu blessé, l’une des plus anciennes du fonds narratif français.
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Le Roi Renaud (Paroles) - Chœur de Saint-Cyr · chaîne TraditionPatriotisme. Lecture via le lecteur officiel de YouTube, sans cookie avant lecture.
Fiche
| Type | Chant de tradition |
|---|---|
| Époque | Ancien Régime |
| Droits des paroles | Domaine public |
Paroles
Domaine public · Pièce anonyme de tradition populaire, dans le domaine public. Texte transcrit d’après le recueil d’Alice Sauvrezis, Chants de soldats, Berger-Levrault, 1915, lui-même dans le domaine public, p. 15-17.
La complainte
Quand Jean Renaud de guerre r’vint
Tenait ses tripes dans ses mains.
Sa mère à la fenêtre en haut
Voici venir mon fils Renaud.
— Bonjour, Renaud, bonjour, mon fils,
Ta femme est accouché’ d’un fils.
— Ni de ma femme ni de mon fils
Je ne saurais me réjouir.
Que l’on m’ fasse vite un lit blanc
Pour que je m’y couche dedans.
Et, quand ce vint sur le minuit,
Le beau Renaud rendit l’esprit.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu’est-c’ que j’entends pleurer ici ?
— C’est un p’tit pag’ qu’on a fouetté
Pour un plat d’or qu’est égaré.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu’est-c’ que j’entends cogner ici ?
— Ma fille, ce sont les maçons
Qui raccommodent la maison.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu’est-c’ que j’entends sonner ici ?
— C’est le p’tit dauphin nouveau-né
Dont le baptême est retardé.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu’est-c’ que j’entends chanter ici ?
— Ma fill’, ce sont les processions
Qui font le tour de la maison.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Quell’ robe mettrai-je aujourd’hui ?
— Mettez le blanc, mettez le gris,
Mettez le noir pour mieux choisir.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu’est-c’ que ce noir-là signifie ?
— Tout’ femme qui relèv’ d’un fils
Du chap de saint Maur doit s’ vêtir.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Irai-je à la messe aujourd’hui ?
— Ma fille, attendez à demain
Et vous irez pour le certain.
Quand ell’ fut dans les champs allée,
Trois p’tits garçons s’ sont écriés :
— Voilà la femm’ de ce seigneur
Qu’on enterra hier à trois heures.
Quand ell’ fut dans l’église entrée,
D’l’eau bénite on y a présenté ;
Et puis, levant les yeux en haut
Elle aperçut le grand tombeau.
— Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu’est-c’ que c’ tombeau signifie ?
— Ma fille, j’ n’ puis vous l’ cacher,
C’est votr’ mari qu’est trépassé.
Refrain final
Renaud, Renaud, mon réconfort,
Te voilà donc au rang des morts !
Divin Renaud, mon réconfort,
Te voilà donc au rang des morts !
Terre, ouvre-toi, terre, fends-toi,
Que j’aill’ rejoindr’ Renaud, mon roi !
Terre s’ouvrit, terre fendit
Et la belle rendit l’esprit !…
Note de transcription
Dans le recueil, le premier couplet est gravé sous la portée, syllabe par syllabe. Il est rétabli ici d’après la gravure, en suivant l’orthographe du volume. Les couplets suivants sont imprimés en texte courant. Le recueil situe la complainte au seizième siècle. Au neuvième couplet, le mot imprimé « chap » est relevé tel quel : il est de lecture incertaine sur le fac-similé et n’est pas corrigé ici.
Sources
- Fait documenté · Alice Sauvrezis, Chants de soldats, 1525-1915 : chansons populaires, chants de marche, Paris, Berger-Levrault, 1915. Domaine public
- Fait documenté · Alice Sauvrezis, Chants de soldats, 1525-1915 : chansons populaires, chants de marche, Paris, Berger-Levrault, 1915. Domaine public
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