Chanson de la Restauration, 1820 relevée dans le recueil Chants de soldats de 1915, aux pages 68 à 70. Datée de 1820 par le recueil et attribuée à Debraux, mort en 1831.
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Fiche
| Type | Chanson de soldat |
|---|---|
| Époque | XIXe siècle |
| Auteur | Paul-Émile Debraux |
| Droits des paroles | Domaine public |
Paroles
Domaine public · Chanson de 1820, paroles de Paul-Émile Debraux, 1796-1831. Domaine public. Texte transcrit d’après le recueil d’Alice Sauvrezis, Chants de soldats, Berger-Levrault, 1915, lui-même dans le domaine public, p. 68-72.
Le chant
Comme l’mari d’notre mère
Doit toujours s’app’ler papa,
Je vous dirai que mon père
Un certain jour me happa.
Puis, me m’nant jusqu’au bas de la rampe,
M’dit ces mots qui m’mirent tout sens d’ssus d’ssous :
J’te dirai, ma foi,
Qu’i’ gn’ia plus pour toi
Rien chez nous.
V’là cinq sous
Et décampe.
En avant, Fanfan la Tulipe,
Oui, mill’ noms d’un’ pipe,
En avant.
Puisqu’il est d’fait qu’un jeune homme
Quand il a cinq sous vaillant,
Peut aller d’Paris à Rome,
Je partis en sautillant.
L’premier jour j’trottais comme un ange,
Mais l’lendemain je mourais quasi d’faim,
Un r’cruteur passa
Qui me proposa…
Pas d’orgueil,
J’m’en bats l’œil,
Faut que j’mange.
Quand j’entendis la mitraille,
Comm’ je r’grettais mes foyers !
Mais quand j’vis à la bataille
Marcher nos vieux grenadiers :
Un instant, nous somm’s toujours ensemble,
Ventrebleu, me dis-je alors tout bas !
Allons, mon enfant,
Mon petit Fanfan,
Vite au pas,
Qu’on n’dis’ pas
Que tu trembles.
En vrai soldat de la Garde,
Quand les feux étaient cessés,
Sans r’garder à la cocarde
J’tendais la main aux blessés.
D’insulter des homm’s vivant encore
Quand j’voyais des lâch’s se faire un jeu,
Quoi ! mill’ ventrebleu !
Devant moi, morbleu !
J’souffrirais
Qu’un Français
S’déshonore !
Vingt ans soldat vaill’ que vaille,
Quoiqu’au d’voir toujours soumis,
Un’ fois hors du champ d’bataille
J’n’ai jamais connu d’enn’mis.
Des vaincus la touchante prière
M’fit toujours voler à leur secours.
P’t’êtr’ c’que j’fais pour eux,
Les malheureux
L’f’ront un jour
À leur tour
Pour ma mère !
À plus d’un’ gentill’ friponne
Mainte fois j’ai fait la cour,
Mais toujours à la dragonne,
C’est vraiment l’chemin l’plus court.
Et j’disais quand un’ fille un peu fière
Sur l’honneur se mettait à dada :
N’tremblons pas pour ça ;
Ces vertus-là,
Tôt ou tard,
Finiss’nt par
S’laisser faire !
Mon père, dans l’infortune,
M’app’la pour le protéger ;
Si j’avais eu d’la rancune,
Quel moment pour me venger !
Mais un franc et loyal militaire
D’ses parents doit toujours être l’appui ;
Si je n’avais eu qu’lui,
J’s’rais aujourd’hui
Mort de faim.
Mais enfin,
C’est mon père !
Maintenant je me repose
Sous le chaume hospitalier
Et j’y cultive la rose,
Sans négliger le laurier.
D’mon armure je détache la rouille,
Si le roi m’app’lait dans les combats,
De nos jeun’s soldats
Guidant les pas,
Je m’écrirais :
J’suis Français !
Qui touch’ mouille !
En avant,
Fanfan la Tulipe,
Oui, mill’ noms d’un’ pipe :
En avant !
Note de transcription
Dans le recueil, le premier couplet est gravé sous la portée, syllabe par syllabe. Il est rétabli ici d’après la gravure, en suivant l’orthographe du volume. Les couplets suivants sont imprimés en texte courant. Le refrain « En avant, Fanfan la Tulipe » se reprend après chaque couplet ; le recueil l’abrège en « En avant, etc. » et ne le réimprime en entier qu’au dernier.
Sources
- Fait documenté · Alice Sauvrezis, Chants de soldats, 1525-1915 : chansons populaires, chants de marche, Paris, Berger-Levrault, 1915. Domaine public
- Fait documenté · Alice Sauvrezis, Chants de soldats, 1525-1915 : chansons populaires, chants de marche, Paris, Berger-Levrault, 1915. Domaine public
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