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Chanson de soldat · Renaissance

La Palisse

La complainte du seigneur de La Palice

La complainte du seigneur de La Palice relevée dans le recueil Chants de soldats de 1915, aux pages 48 à 51. Le recueil la présente comme une vieille chanson composée par les soldats peu après la bataille, rajeunie par La Monnoye, mort en 1728.

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La chanson de Monsieur de La Palice - Chanson intégrale avec 52 couplets · chaîne Benjamin Valiere. Lecture via le lecteur officiel de YouTube, sans cookie avant lecture.

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Fiche

TypeChanson de soldat
ÉpoqueRenaissance
AuteurBernard de La Monnoye
Droits des parolesDomaine public

Paroles

Domaine public · Chanson de 1525, texte rajeuni par Bernard de La Monnoye, 1641-1728. Domaine public. Transcrite d’après le recueil d’Alice Sauvrezis, 1915, p. 48-51.

Couplets

Messieurs, vous plaît-il d’ouïr l’air du fameux La Palisse ?
Il pourra vous réjouir, pourvu qu’il vous divertisse.
La Palisse eut peu de biens pour soutenir sa naissance ;
Mais il ne manqua de rien tant qu’il fut dans l’abondance.

Bien instruit dès le berceau, jamais, tant il fut honnête,
Il ne mettait son chapeau qu’il ne se couvrît la tête.
Il était affable et doux, de l’humeur de feu son père,
Et n’entrait guère en courroux, si ce n’est dans la colère.

Ses valets étaient soigneux de le servir d’andouillettes,
Et n’oubliaient pas les œufs, surtout dans les omelettes.
De l’inventeur du raisin il révérait la mémoire ;
Et pour bien goûter le vin, jugeait qu’il en fallait boire.

Il disait que le nouveau avait pour lui plus d’amorce ;
Et moins il y mettait d’eau, plus il y trouvait de force.
Il consultait rarement Hippocrate et sa doctrine,
Et se purgeait seulement lorsqu’il prenait médecine.

Il aimait à prendre l’air quand la saison était bonne,
Et n’attendait pas l’hiver pour vendanger en automne.
Il épousa, ce dit-on, une vertueuse dame ;
S’il était resté garçon, il n’aurait pas eu de femme.

Il en fut toujours chéri ; elle n’était pas jalouse ;
Sitôt qu’il fut son mari, elle devint son épouse.
D’un air galant et badin, il courtisait sa Caliste,
Sans jamais être chagrin qu’au moment qu’il était triste.

Il brillait comme un soleil, sa chevelure était blonde ;
Il n’eût pas eu son pareil s’il eût été seul au monde.
Il eut des talents divers ; même on assure une chose :
Quand il écrivait des vers, il n’écrivait pas en prose.

Il voyageait volontiers, courant par tout le royaume ;
Quand il était à Poitiers, il n’était pas à Vendôme.
Il se plaisait en bateau, et soit en paix, soit en guerre,
Il allait toujours par eau quand il n’allait pas par terre.

Il choisissait prudemment de deux choses la meilleure ;
Et répétait fréquemment ce qu’il disait à toute heure.
Il fut, à la vérité, un danseur assez vulgaire ;
Mais il n’eût pas mal chanté s’il n’avait voulu se taire.

Regretté de ses soldats, il mourut digne d’envie ;
Et le jour de son trépas fut le dernier de sa vie.
Il mourut le vendredi, le dernier jour de son âge ;
S’il fût mort le samedi, il eût vécu davantage.

Sources

  1. Fait documenté · Alice Sauvrezis, Chants de soldats, 1525-1915 : chansons populaires, chants de marche, Paris, Berger-Levrault, 1915. Domaine public
  2. Fait documenté · Alice Sauvrezis, Chants de soldats, 1525-1915 : chansons populaires, chants de marche, Paris, Berger-Levrault, 1915. Domaine public
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