« La Revue de minuit » figure dans Albert de Rochas, Les chants militaires (1890). Cette version commence par « Quand l'heure funèbre est venue, ». Les paroles sont transcrites depuis le document fourni ; les variantes sont identifiées par leur source.
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Fiche
| Type | Chant de tradition |
|---|---|
| Droits des paroles | Statut à établir |
Paroles
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Version de Rochas d’Aiglun (1890) — Albert de Rochas, Les chants militaires (1890)
Pages OCR 65, 66, 67 de l’archive
Quand l'heure funèbre est venue,
Que minuit tinte à l'unisson,
Et que du bronze, dans la nue,
S'est perdu le dernier frisson,
Soulevant de son front livide
La froide pierre du tombeau
Se lève un tambour invalide
Dans son uniforme en lambeau.
Il fait résonner la baguette
Sur la caisse au bruit sans pareil,
Et de ses deux mains de squelette
Avant le jour bat le réveil.
Soudain aux roulements qui grondent
Sur le fantastique tambour
Tous les vieux soldats morts répondent
Et se réveillent tour à tour.
Et tous, ainsi qu'aux jours d'alarmes
Qui virent leurs combats géants,
S'élancent, saisissant leurs armes,
Hors de leurs sépulcres béants.
Puis tous ces belliqueux squelettes
Forment leurs sombres escadrons;
En avant marchent les trompettes
Soufflant dans leurs muets clairons.
Voici fourmillant sous les piques
Les lanciers aux habits pourprés,
Voici les cuirassiers épiques
Aux blancs manteaux de sang marbrés.
Voici les hussards qui menacent
L'Ennemi qu'ils vont disperser,
Voici les lourds dragons qui passent
Sans qu'on les entende passer.
Puis voilà les grenadiers mornes
Marchant toujours du même pas.
C'étaient eux qui changeaient les bornes
Limites des anciens Etats.
Eux qui dans les sanglantes fêtes,
Traînant les rois par les cheveux,
Changeaient les couronnes de têtes
Quand le Maître avait dit « Je veux »,
Le Maître ! Le voici ! Silence !
Du tombeau le dernier il sort,
Sur son cheval blanc il s'élance.
Salut ! César Imperator !
Redingote grise et rapée,
Habit vert et petit chapeau.
A son flanc gauche courte épée,
Sur son front l'ombre d'un drapeau,
C'est lui tel qu'à l'éclair des glaives
Nos pères le virent passant,
Lui tel que nos fils dans leurs rêves
Le verront toujours grandissant.
O Lune, sors de ton nuage
Et verse sur lui tes rayons,
L'empereur au pâle visage
Vient manoeuvrer ses bataillons.
Halte soldats ! Présentez armes !
Il passe dans leurs rangs pressés,
Et l'on voit se mouiller de larmes
L'œil creux de tous ces trépassés.
Puis quand du centre à ses deux ailes
César est las de galoper,
Les rares chefs restés fidèles.
Autour de lui vont se grouper.
Lors au plus proche capitaine
Le mot d'ordre est par lui jeté,
Et de rang en rang dans la plaine
A voix basse il est répété.
Mais qui peut sur l'avenir sombre
Arrêter un regard certain ?
Austerlitz et Wagram dit l'ombre,
Waterloo répond le Destin.
Sources
- Fait documenté · Albert de Rochas, Les chants militaires (1890). Document du dossier books : Cris de guerre, devises, chants nationaux, chants du soldat -- Rochas d'Aiglun, Albert de, 1837-1914_ -- France, 1890 -- Edmond Dubois, 1890_ -- oclc 10369220 -- bb551ce13dd8f97d2bd31602f01.zip. Statut à établir
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