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Chant de tradition

Le general a vendre

Paroles et version documentée

« Le general a vendre » figure dans Carnet de chants de la Légion étrangère. Cette version commence par « De bon matin, je me suis levé, c'était dimanche ». Les paroles sont transcrites depuis le document fourni ; les variantes sont identifiées par leur source.

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Fiche

TypeChant de tradition
Droits des parolesStatut à établir

Paroles

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Version du document — Carnet de chants de la Légion étrangère

p. 62 du fichier PDF

De bon matin, je me suis levé, c'était dimanche
A la carriol' j'ai attelé la jument blanche
Pour m'en aller au marché
Car au chef lieu du Comté
Parait qu'il y avait des Généraux à vendre
Mais le soleil écrasait tant la route blanche
La jument paressait si souvent sous les branches
Que lorsque je fus rendu
On n' m'avait pas attendu
Et tous les généraux étaient vendus
Pourtant là-bas tout au fond du champ de foire
Par un coup de chance il en restait encore un
Il n'était pas couvert de gloire
Mais avec un coup de ripolin
Il pouvait faire encore très bien
J' l'ai échangé contre un cageot de pommes pas mûres
Quatre choux fleurs et une tartine de confiture
Tout ça pour un général c'était vraiment pas trop mal
Et puIs je l'ai chargé dans la voiture
A la maison on m'a fait des reproches amers
Encore une fois parait que j' m'étais laissé faire
Un général dans c'était là ça valait beaucoup moins que ça
Mais puisque c'était fait tant pis pour moi "
Et puis les gosses ont eu peur de sa moustache
Elle était rousse et ça les faisait pleurer
On lui a coupé d'un côté
Mais le chien s'est mis à aboyer
Alors on a laissé l'autre moitié
Il ne faisait rien pour pas salir son beau costume
De temps en temps il épluchait quelques légumes
Ou réparait l'escabeau
Ou débouchait !'lavabo
Mais il n' savait pas jouer du piano
Pourtant certains soirs, certains soirs d'été
Le général s'asseyait sur la paille
Et les yeux perdus dans !'immensité
Il nous racontait ses batailles
Il nous parlait des Dardanelles
Quand il n'était que colonel
Et de la campagne d'Orient

Quand il n'était que commandant
L'épopée napoléonienne
Quand il n'était que capitaine
Et puis la guerre de cent ans
Quand il n'était que lieutenant
Les croisades et Pépin le Bref
Quand il n'était que sergent-chef
Et les éléphants d'Annibal
Quand il n'était que caporal
Les Thermopiles, Léonidas
Quand il n'était que l ère classe
Et Rhamsès Il, la première guerre
Quand sa mère était cantinière
Et le général au petit matin
Déroulait le fil de son immense histoire
Puis il s'endormait sur sa botte de foin
Et nous sans parler nous rêvions de gloire
Il est resté comme ça chez nous jusqu'à l'automne
Sans travailler, sans trouver la vie monotone
Ça nous a même étonnés
D'apprendre par le curé
Qu'il avait fait deux jumeaux à la bonne
Et puis voilà que par un beau matin de décembre
Il est entré sans même frapper dans ma chambre
Il venait de lire dans le journal
Qu'on le nommait Maréchal
Alors il nous quittait c'était fatal
Je l'ai reconduit en carriole jusqu'à la ville
On m'a rendu mes choux fleurs et mes cageots
Puis sans émotion inutile sans pleur et sans dire un mot
On s'est quittés en vrais héros
A la maison la vie a repris sans aventure
Y'a plus personne pour nous chiper les confitures
Le général au bistrot avait planté un drapeau
Pour la patrie j'ai payé la facture
Je ne suis plus jamais retourné au marché
Mais quelquefois dans le ciel de la nuit d'été
On voit briller cinq étoiles et ça nous fait un peu mal

Oh ! N'achetez jamais un général !

Sources

  1. Fait documenté · Carnet de chants de la Légion étrangère. Document du dossier books : Carnet_de_chants_Legion.pdf. Statut à établir
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