Musique militaire Chants, marches et archives
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Chant de tradition · XIXe siècle

Te souviens-tu ?

Chanson de 1825, musique de Doche

Chanson de 1825 sur une musique de Doche, retenue par Alice Sauvrezis parmi les chants militaires et toujours au répertoire du chœur de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

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Te souviens tu ? (Paroles) - Chœur de Saint-Cyr · chaîne TraditionPatriotisme. Lecture via le lecteur officiel de YouTube, sans cookie avant lecture.

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Fiche

TypeChant de tradition
Datation1825
ÉpoqueXIXe siècle
CompositeurJoseph Denis Doche
AuteurPaul-Émile Debraux
Unité ESM Saint-Cyr
Formation Chœur de Saint-Cyr
Droits des parolesDomaine public

Paroles

Domaine public · Chanson de 1825, paroles de Paul-Émile Debraux, 1796-1831, musique de Joseph-Denis Doche, 1766-1825. Domaine public. Texte transcrit d’après le recueil d’Alice Sauvrezis, Chants de soldats, Berger-Levrault, 1915, lui-même dans le domaine public, p. 73-75.

Le chant

Te souviens-tu, disait un capitaine
Au vétéran qui mendiait son pain,
Te souviens-tu qu’autrefois, dans la plaine,
Tu détournas un sabre de mon sein ?
Sous les drapeaux d’une mère chérie,
Tous deux jadis nous avons combattu,
Je m’en souviens, car je te dois la vie,
Mais toi, soldat, dis-moi, t’en souviens-tu ?

Te souviens-tu de ces jours trop rapides
Où le Français acquit tant de renom ?
Te souviens-tu que sur les Pyramides
Chacun de nous osa graver son nom ?
Malgré les vents, malgré la terre et l’onde,
On vit flotter, après l’avoir vaincu,
Notre étendard sur le berceau du monde,
Dis-moi, soldat, dis-moi, t’en souviens-tu ?

Te souviens-tu que les preux d’Italie
Ont vainement combattu contre nous ?
Te souviens-tu que les preux d’Ibérie
Devant nos chefs ont plié les genoux ?
Te souviens-tu qu’aux champs de l’Allemagne
Nos bataillons, arrivant impromptu,
En quatre jours ont fait une campagne,
Dis-moi, soldat, dis-moi, t’en souviens-tu ?

Te souviens-tu de ces plaines glacées
Où le Français, abordant en vainqueur,
Vit sur son front les neiges amassées
Glacer son corps, sans refroidir son cœur ?
Souvent, alors, au milieu des alarmes,
Nos pleurs coulaient ; mais notre œil abattu
Brillait encor, lorsqu’on volait aux armes,
Dis-moi, soldat, dis-moi, t’en souviens-tu ?

Te souviens-tu qu’un jour notre patrie,
Vivante encor, descendit au cercueil,
Et que l’on vit, dans Lutèce flétrie,
Des étrangers marcher avec orgueil ?
Grave en ton cœur ce jour, pour le maudire !
Et quand Bellone enfin aura paru,
Qu’un chef, jamais, n’ait besoin de te dire :
Dis-moi, soldat, dis-moi, t’en souviens-tu ?

Te souviens-tu ?… Mais ici ma voix tremble,
Car je n’ai plus de noble souvenir !
Viens-t’en, l’ami, nous pleurerons ensemble,
En attendant un meilleur avenir…
Mais si la mort, planant sur ma chaumière,
Me rappelait au repos qui m’est dû,
Tu fermeras doucement ma paupière,
En me disant : « Soldat, t’en souviens-tu ? »

Note de transcription

Dans le recueil, le premier couplet est gravé sous la portée, syllabe par syllabe. Il est rétabli ici d’après la gravure, en suivant l’orthographe du volume. Les couplets suivants sont imprimés en texte courant. Le recueil donne les paroles à Debraux et la musique à Doche, et date la pièce de 1825.

Sources

  1. Fait documenté · Alice Sauvrezis, Chants de soldats, 1525-1915 : chansons populaires, chants de marche, Paris, Berger-Levrault, 1915. Domaine public
  2. Fait documenté · Enregistrement public consultable en ligne, référencé sur la fiche. tiers
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