La Grande Guerre produit, dès sa deuxième année, un document qui manquait aux conflits précédents : un recueil de chants constitué pour la troupe et imprimé pour elle.
Chants de soldats, 1525-1915, d’Alice Sauvrezis, sort des presses de Berger-Levrault à Nancy et à Paris en août 1915. Le volume range son corpus en quatre sections : chansons populaires, chansons de route, chants militaires, hymnes nationaux des Alliés, suivies des sonneries de clairon et de trompette. Les pièces vont de La Palisse, composée par les soldats peu après Pavie en 1525, aux hymnes des puissances alliées.
Le détail le plus parlant tient en une note de bas de page : pour les chansons de route, partir du pied gauche sur le temps fort. Le recueil n’est pas une anthologie de bibliothèque, c’est un outil de marche.
Sauvrezis y joint deux notices qui valent témoignage. Auprès de ma blonde, précise-t-elle, fut chantée par les soldats de Villars entrant dans Le Quesnoy en 1712 et par le corps expéditionnaire de Madagascar entrant à Tananarive. La Palisse est donnée comme composée par les soldats eux-mêmes, son texte rajeuni par La Monnoye.
La compilatrice signe aussi la dernière pièce de la section militaire, intitulée France et datée de 1915.